Mon pays, ton passé n’est pas si glorieux. J’ai regardé notre histoire dans le blanc des yeux. J’ai entendu des cris. J'ai vu des bains de sang, J'ai ressenti des larmes, pleuré des châtiments Dignes de l’enfer le plus brûlant. J’ai regardé notre histoire dans le blanc des yeux. Insoutenable. Abominable. Inoubliable. Thiaroye, Sétif, Madagascar, My Trach, Casablanca… Mon pays, tu le sais, je vomis le racisme, Je vomis le fascisme. Je vomis l’oubli, je vomis l’ignorance....
Elle attend. Le basculement du moment. Dans sa tête aux idées froissées, son corps aux chairs mâchées, Dans l’écho sombre de son âme, dans les tressautements du derme, Les soulèvements de peau, les déversements de silencieuses larmes, Les éclatements de sa sourde voix. Elle attend… L’instant. Dans les battements de noires et de blanches, Le frottement d’une corde, les froissements de ses draps. Plissement d’une pupille, rayon transperçant d’une frêle lumière,...
Caresse… Le mot subtilement se dépose Frôle le grain de ma peau M’emporte Ecrire… Un cri Furieux éclats de rire Détonation de mon être Poésie… Incantation Dialogue avec l’invisible Folie… Oser être, m’aligner Dans un monde incohérent Aux mots Aux phrases Papier, clavier, Poussière de craie... Dans un paysage de béton La poésie d’un territoire (Géographe, toujours) Mêlée à l’éther et à l’instant Noyer l’être dans le moment… S’impriment sur sa rétine...
Retour dans les abysses, Sur les pavés, son pas glisse alors que sur son visage un sourire s’esquisse. Hybride. Scintillent ses pupilles, alors que se dessinent le sillon de ses rides. Il est des humains au fond sec tel une vieille sultanine. Ils courent après une existence teintée d’illusions, vitamines et paniers emplis à profusion. Elle songe au vide, au sombre qui ronge. Tristes mensonges de ce monde Qui creusent de blessures profondes. La chaleur du gant enveloppe sa main mais le...
Dans le feutre d’une nuit d’insomnie, le souffle du chat habite l’obscurité. Il est parfois étrange comme de simples choses bouleversent. Elles rappellent sous le ciel d’un plafond, l’essentiel de nos horizons. Sous la couette, sa frêle et recroquevillée silhouette se soulève. L’univers est si cohérent. La vie porte tant de magie. Jusqu’aux moindres atomes du félin s’élancent d’infimes et merveilleux mouvements. Une mécanique extraordinaire. Ce quelque chose...
Ses mains au-dessus d’elle tremblent. Elle relève la lame, resserre plus fortement ses paumes, enserre ses doigts sur le bois de la poignée. Le soleil sur la ville décline et sur le métal en éclair frappe et brille. Elle déplie les coudes, tend les bras puis la dague incline. La bile dans son œsophage monte. Elle brûle sa trachée, reflue en écume, baigne sa bouche, imbibe son palais, mousse à ses lèvres. La mort a ce gout d’amertume qu’elle ravale. Le poignard s’élève...
- Vous avez 35 ans, votre horloge biologique tourne, après comme les autres femmes, vous viendrez pleurer. Vous devriez penser sérieusement à la maternité avant qu’il ne soit trop tard. Je l’insulte cette vieille bique aigrie ménopausée en blouse blanche derrière son bureau ? Elle est sèche. Sa voix âpre et acide percute le plateau lisse de son bureau, y ricoche et nous frappe. Elle nous happe réveillant une indescriptible douleur, une rougeoyante couleur qui siège entre nos...
En quête d’un Toi De la moiteur de tes bras De l’incandescente innocence de nos draps Y étouffer mes émois En quête d’un oubli De la nausée du monde et de son odieux roulis A la lisière de la folie, Tête de mule, La flamme me consume et me brûle. Magie d’une nuit Fenêtre. Écho de pluie Je m’enfuis Mon esprit ruse Mon âme vers toi fuse La Muse
Elle se tend, bascule l’arrosoir. L’eau ruisselle. Son bras frôle la feuille. Au contact de la verte penne, sa peau frémit. Elle ressent, là, sur quelques centimètres de derme, La légèreté de la vie. Son index s’attarde, Il parcourt doucement les frondes. Sous la caresse, le végétal délicatement se replie, S’offre à la chatouille du doigt. Il gazouille dans le silence d’un émoi. L’instant se suspend, La fougère respire Alors qu’elle soupire. Une larme perle. Dans son...
Parfois le bonheur est là, fugace, fragile, anodin et léger. Ni plus ni moins léger que le poids d’une courgette et d’un économe. Je tiens le vert et froid légume dans la paume de ma main, mes doigts refermés sur son corps n’ont pas une seule seconde vacillé. Ils n’ont pas fléchi, ils n’ont pas vrillé de la moindre petite violacée tonalité. Rien. Aucun petit picotement ne les a balayés. Pourtant le légume est froid. Il est gelé même. Mes phalanges plus fort...