L'infini en attente

Elle attend.

Le basculement du moment.

Dans sa tête aux idées froissées, son corps aux chairs mâchées,

Dans l’écho sombre de son âme, dans les tressautements du derme, 

Les soulèvements de peau, les déversements de silencieuses larmes,

Les éclatements de sa sourde voix.

Elle attend…

                           L’instant.

Dans les battements de noires et de blanches,

Le frottement d’une corde, les froissements de ses draps.

Plissement d’une pupille, rayon transperçant d’une frêle lumière,

Miroitement d’un pâle béton, envolée d’un frêle pétale,

Palpitement de la moindre  surface, rougeoiement timide de l’ horizon matinal.

Elle attend,

                             l’apaisement.

Dans les replis de son être, enfoui sous des sédiments de paraître,

Des tas d’erreurs et de peut-être, des nuits d’errance,

Dans le revers des lettres, la fluidité d’une rime,

Dans la rugosité de phrases défaites et l’écrasement des voyelles trop mûres,

Elle l’attend. L’instant.

                                             Son apaisement.

Dans la magie d’une phrase, le fracas des nuits froides et humides

Dans des journées ensoleillées, elle serre le poing.

Ses phalanges retiennent la plume,  l’encre son cœur en vie maintient.

Tel est son destin.

                                          L’apaisement.

Elle l’attend.

En embuscade, dans un recoin, dans un ciel de cuisine,

Dans de la poussière de craie, dans l’instant créer,

L’apaisement EST.

Dans l’instant apaisant, l’infini jaillit.