Crissements des graviers,
Bruissements des rayons,
Les bruits se pressent,
Des pagailles de vie s’entremêlent.
Doux pêle-mêle.
Le vent, de murmures effeuille de tendres plissements la surface de l’eau verte de la mare.
Entre les hautes herbes, statique, se cache un corps élastique.
Des yeux jaunes filtrent la lumière aux calmes reflets pâles du ciel étale et opale.
Ses vibrisses frémissent dans la brise.
« L’orage arrive, les gens marchent plus vite »
Me dit la dame du banc.
Elle referme son livre.
Jardin public - Bordeaux - 4 mai 2025
La ville s’éveille de ses réveils sales, lourds et moites.
De larges gouttes s’écrasent sur les trottoirs,
Dessinent des tâches grasses aux contours imprécis.
Une épaisse odeur âcre monte du brûlant bitume.
Elle imbibe l’atmosphère huileuse que les vapeurs des échappements intoxiquent.
La pluie se précipite, détrempe les relents,
Emporte au fond des caniveaux, poussières et crasses.
Les bouches d’égout les avalent,
Le ventre urbain les ingurgite en de bouillants tourbillons.
Bientôt, l’orage matinal aura tout emporté, nettoyé la cité.
Le soleil à nouveau baignera les immeubles,
La chaleur s’abattra sur les pierres, les pavés, les tôles et les tuiles.
Âme au bord de l’écœurement,
Egarement, nuits d’amertume et d’épuisement.
Les larmes, un sourire, une éclaboussure de lumière…
Spleen
Elle dévale du ciel
À la verticale déboule
Par les bouches refoule
Cette livide bave
Violemment délave
La crasse et le fiel